fr Deutsch English

"Je ne sais si cela se peut, mais je sais que cela est"

MOLIERE



     TRANS-EUROPE

      

  

 Les couleurs de l'Avenir

 

Rapport sur la situation juridique et le suivi médical des personnes transsexuel(le)s en France

 

A l’heure actuelle, les caisses primaires d’assurance maladie imposent aux personnes souffrant de trouble d’identité de genre un suivi d’au moins deux ans par des équipes spécialisées. Dans la réalité, la durée de ce suivi est très nettement supérieure à ce délais du fait des précautions extrêmes que doivent prendre ces équipes compte tenu des implications juridiques des opérations de réassignation, (article 16-3 du code civil), ainsi que du très faible nombre de ce type d’actes pratiqués chaque année en France, (une cinquantaine), ce qui entraîne des périodes d’attente d’un à deux ans après obtention de l’accord de l’équipe médicale pour l'opération, accord qui peut prendre plusieurs années.

Durant la période de suivi, il est exigé par l’équipe médicale que le patient ai une expérience de vie réelle sous l’apparence du sexe qui lui est opposé.

Ce dernier se retrouve donc dans la situation d’une personne présentant  l’apparence du sexe qui lui est opposé alors que ses papiers d’identité ainsi que son N° de Sécurité Sociale  font état de son sexe d’origine. La présentation de ces document, (à une administration ou à un employeur), montre de façon manifeste l’état de transsexualité du possesseur de ces documents ce qui constitue une violation manifeste du respect de sa vie privée, (art 8 de la Convention Européenne des Droit de L’homme).

L’obligation de recourir à la voie judicaire tant pour le changement de prénom que pour celui de l’état-civil, pose, (outre les problèmes de coût et de longueur de procédure), le problème qu’en l’absence de toute législation les décisions sont laissé à la seule discrétion des magistrats Actuellement, seul s’applique l’arrêt de la cour de cassation de 1992 qui fait obligation au requérant d’avoir subi une opération de réassignation sexuelle avant l’obtention de la modification de son état-civil.

Durant la période de suivi, qui peut durer plusieurs années, le patient se retrouve donc dans la situation d’une personne présentant  l’apparence du sexe qui lui est opposé alors que ses papiers d’identité ainsi que son N° de Sécurité Sociale  font état de son sexe d’origine. La présentation de ces documents, (à une administration ou à un employeur), montre de façon manifeste l’état de transsexualité du possesseur de ces documents ce qui constitue une violation manifeste du respect de sa vie privée, (art 8 de la Convention Européenne des Droit de L’homme).

En conséquence, il semble impératif d’établir une législation qui pose clairement les bases de la possibilité de changement d’état-civil des personnes souffrant de trouble d’identité de genre afin que ces dernières puissent bénéficier de conditions qui permettent leur insertion sociale et professionnelle en leur accordant la possibilité d’avoir des documents attestant d’une identité en corrélation avec leur apparence et leur suivi médical.

Dans sa nomenclature, la CPAM, conditionne la prise en charge de l’opération de réassignation sexuelle à un suivi d’au moins deux ans par une équipe spécialisée. D’après les dires même de cet organisme, si les textes réglementaires précisent la spécialité des médecins composant ces équipes, (psychiatres, endocrinologues et chirurgiens plastiques ou urologues), ils ne précisent aucunement les qualifications spécifiques des praticiens en question. Autrement dit, les psychiatres faisant partie de ces équipe et qui constituent la « clé de voûte » du suivi puisqu’ils leur appartient d’établir la réalité du trouble d’identité sexuel du patient n’ont jamais été évaluées quand à leurs compétences dans ce domaine et n’ont pour la plupart jamais subit la moindre formation concernant le syndrome de Benjamin. Tout au plus peuvent-ils se réclamer de leur expérience en ce domaine expérience dont ils sont seuls à pouvoir apprécier la valeur.

Cette obligation de suivi par ces équipes dont le nombre se limite actuellement à quatre, entraîne des délais dans le suivi médical le plus souvent excessifs.  De plus, l’interprétation des conditions « d’égibilité » à l’opération varient considérablement d’une équipe à l’autre ce qui fait que les patients sont soumis à l’arbitraire des convictions personnelles des praticiens.

Cette obligation de suivi par une équipe spécialisé dont les compétences ne sont aucunement définies constitue une violation des l’articles L162-2 et 162-5 du code de la CPAM ainsi que l’article 4127-6 du code de la santé publique et de l’article 6 du code de déontologie médicale qui confirment tous le droit fondamental pour le patient du libre choix de son médecin.

Il est donc impératif que soit mis en place au niveau national un module de formation destiné aux psychiatres. Seule cette solution peut garantir l’homogénéité du suivi des patients et la possibilité pour ces derniers du libre choix de leur médecin. L'intégration d'une formation concernant les opérations de réassignation sexuelle destinée aux  chirurgiens est également indispensable puisqu’à l’heure actuelle les opérations de réassignation sexuelle ne figurent même pas dans le cursus des praticiens en question.

 

 
   
     
     
                    |    Manifeste    | Droits LGBT |   Projet de Loi    |   Rapport  |    Le transsexualisme en Europe     |    Contact